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MUSSET:Les Caprices de Marianne


Cette séquence consacrée à l’étude des Caprices de Marianne de Musset, a été mise en œuvre par Madame Bernadette SURJUS, Certifiée Lettres Modernes, pour ses élèves d’une classe de 1ère GE au Lycée Pasquet d’Arles

Objet d'étude :
  • Le théâtre: Texte et représentation
Objectifs

La classe étant composée de garçons très peu lecteurs et peu intéressés par la littérature, la démarche est délibérément concrète et progressive.

Lectures :

Lectures analytiques :

I - Acte I scène 1 : la scène d’exposition –
Remarques préliminaires :
  • combien de pages comporte cette scène ?
  • combien de personnages interviennent dans cette scène ?
  • quelles remarques pouvez-vous faire par rapport au théâtre classique (du XVII°) ?
Deux extraits étudiés :
  • extrait1 : du début… jusqu’à la sortie de Claudio et Tibia.
  • extrait 2 : de l’arrivée d’Octave… jusqu’à « … personne ne peut l’approcher. » (Coelio)

II - Acte I, scène 2:
  • deux nouveaux personnages :
  • un changement de décor, pourquoi ?

III - Acte II, scène1 : Marianne et Octave « Mon cher cousin… et qui la laisserait passer» - Remarques péliminaires :

1) Situation du texte :
  • à quelles attaques d’Octave Marianne répond-elle ?
  • quels sont les registres utilisés par l’un et l’autre ?
2) Que révèle la longueur des répliques ?

IV - Acte II, scène 6: le dénouement
  • rappel de l’intrigue : la lettre de MA à Octave le prévenant du piège tendu par Claudio, la méprise de MA sur la personne de Coelio. Coelio se croit trahi par son ami et se jette dans le piège.
  • le lieu : un cimetière, auprès d’un tombeau.
  • observation : deux personnages en présence, scène courte, longueur des répliques de MA etd’Octave.

Mise en scène de Lambert Wilson

I - le décor et les objets

réalisme : les murs sont de couleurs vives (bleu, ocre, rouge), décrépits par endroit ; une affiche à demi décollée , un petit café et sa terrasse représentent la rue ; une haute grille en fer forgé marque l’entrée de la maison de MA. Les espaces sont clairement délimités.

Forme de la scène : ronde comme une piste de cirque ; proximité avec le public, l’absence de séparation permet l’arrivée des comédiens par la salle de façon assez naturelle.

Contexte italien : musique et chansons (Ciuta et radio), Claudio et ses gardes du corps sont vêtus comme des mafieux, Ciuta parle français avec un fort accent italien, le petit café est typique.

Les objets : le vélo est en rapport avec le cirque et matérialise le jeu de scène du funambule (Octave est debout sur la selle, soutenu par Coelio), l’attaché-case complète la tenue austère de Claudio-mafieux,

La bouteille de whisky remplace la batte d’Arlequin plus en rapport avec le costume d’Octave et le choix de l’époque.

II – La musique.

Elle est omniprésente : jouée directement sur la scène par des comédiens ou à la radio. Elle souligne l’action : sérénade amoureuse au début, ensuite légère et carnavalesque à l’arrivée d’Octave, elle évolue vers la dissonance quand les rapports entre les personnages (Coelio/Octave, MA/ Octave) deviennent complexes.

III – Le changement d’époque.

Les années 1960 évoquent la dolce vita félinienne, une jeunesse à la fois épicurienne (après guerre et reconstruction économique) et assez désenchantée, sans projet.précis.

IV – Les costumes.

Octave : au début coloré, chatoyant, soyeux mais tenue débraillée et cheveux en bataille è Octave le bouffon qui découche depuis une semaine ; puis costume strict, chemise claire et cravate, cheveux disciplinésè Octave l’ami sincère qui prend à cœur les intérêts de son ami ; et enfin une tenue sombre (pantalon, pull et imperméable noirs) cheveux plaqués en arrière, il se fond dans la masse. Le costume accompagne le personnage dans son évolution.

Coelio : un même costume tout au long de la pièce (costume sombre, chemise rayée et cravate foncée), il porte des lunettes, ce qui lui donne l’air d’un étudiant sérieux Le personnage reste le même.

Claudio : costume noir, chemise blanche, cravate noire, lourd pardessus noir, chapeau de feutre, lunettes à monture épaisse et attaché-caseè c’est un homme important et inquiétant.

Marianne :son costume accompagne son évolution.

  • I1, tailleur blanc cassé, longue veste, jupe droite sous le genou, mantille brodé fermement fixée sur ses cheveux. L’encolure laisse apparaître une croix-bijouè le corps est dissimulé par des vêtements stricts forme et couleur)
  • II1, tailleur tissé dans les tons de rose, rouge, veste courte, à la taille, et jupe fendue devant qui découvre un genou lorsqu’elle marche ou s’assoit. Elle porte un foulard d’organza rose sur la tête dont les pans se croisent sur l’épaule, un simple mouvement suffit pour qu’il découvre ses cheveux ; même croix autour du cou è MA cherche à séduire Octave, autant par la forme de son tailleur qui la découvre davantage que par la couleur vive qui la met en valeur.
  • II3 , MA repousse la veste qu’elle porte sur ses épaules pour affronter Claudio, elle a besoin d’être libre de ses mouvements, comme un boxeur qui pose son peignoir. Quand elle veut séduire Octave, elle quitte ses chaussures, ouvre son col et lâche ses cheveux en s’asseyant par terreè elle abandonne tous les signes conventionnels de la bourgeoise et se transforme en ce qu’elle pense être une séductrice.
  • II5 , elle apparaît sur la terrasse en déshabillé noir, décolleté, à fines bretelles, prête pour ce qu’elle croit être une nuit d’amour avec Octaveè c’est la dernière transformation de la sage épouse en maîtresse passionnée.
  • II6 , en tenue de deuil, stricte, mais les cheveux lâchés, seul signe de séduction qu’autorise la décence. ; elle n’a pas perdu l’espoir de séduire Octave..